lundi 18 juin 2018

Le compteur Linky

Le mois dernier, une dame nous a appelés pour l'installation du compteur Linky. J'ai donné mon accord puis un Monsieur est venu l'installer. La communication et l'explication, c'était pas trop le travail du Monsieur et encore moins de la Dame. Il a donc fallu se renseigner un minimum pour comprendre de quoi il retournait.

Les pires légendes accompagnent l'arrivée de ce nouveau compteur connecté - intelligent - communiquant -innovant, provoquant chez certains la sensation d'être un Hobbit au pied du Mordor. Nous allons tenter d'y voir plus clair, en trois points.

Point 1 : La confidentialité
On lit, de ça, de là, que le compteur Linky, c'est hyper dangereux car ça envoie toute les données de consommation au gestionnaire (Enedis) et au distributeur (EDF & co). Et l’État étant actionnaire des deux, ça pose des soucis pour la confidentialité. C'est en effet très ennuyeux. Imaginez la catastrophe si la maitresse apprend par le Ministre via les services de renseignement qu'on a joué à la console dans la chambre la veille du cours sur les poubelle jaunes et vertes.
On va toutefois se rassurer et rappeler que notre gouvernement a du mal à surveiller quelques milliers de fichiers S. On imagine bien donc la complexité de l'utilisation de données électriques pour des millions de Français. Ce danger me parait donc à relativiser, pour l'instant en tout cas.

Point 2 : Des coupures plus fréquentes
Le compteur Linky a la réputation de couper le courant plus facilement en cas de dépassement de la puissance souscrite par le client.
Je confirme. Là où je n'avais pas de souci en lançant trois machines, j'ai droit à une coupure direct dès la troisième machine, m'obligeant à choisir le lundi matin entre une tasse propre et une chemise sèche.

Point 3 : Des risques pour la santé
Le compteur comporterait des risques pour la santé. Les rumeurs ne sont pas cependant pas confirmées par des études sérieuses.
Chez nous, nos cerveaux sont toujours intacts.  Les sautes d'humeur récurrentes étaient déjà présentes avant et donc non imputables au Linky.

Voici pour les légendes.  Le point fort du linky, c'est qu'il donne la consommation instantanée du foyer de manière très précise. Nous avons donc monté une équipe pour connaitre le consommation de tout ce que nous avions dans la maison avec :
- N°2 qui lit la consommation instantanée sur le Linky
- N°1 qui écrit la consommation instantanée sur le Linky
- Papa pour brancher et débrancher car c'est dangereux

Après une série, de "C'est bon j'ai éteint", "il y'a écrit XXX", "c'est noté", "OK je rallume", nous avons mis en place un plan d'action énergétique pour l'écologie (1) en 3 points (encore) :
1) On éteint la box pour les vacances
2) On débranche les chargeurs de brosse à dents
3) On met une prise interrupteur sur le PC de Papa

Par contre, on laisse branché les chargeur de téléphone, ça ne consomme beaucoup quand le téléphone n'est pas derrière.
Voilà comment, avec le compteur Linky, on s'est débrouillé comme des grands et on a fait des économies (2).

(1) En fait non, je suis juste un gros radin qui n'aime pas les factures
(2) Si ERDF passe par là, vous pouvez verser la commission directement sur mon compte client EDF.

jeudi 10 mai 2018

Herboristes en Herbe

Nous sommes en zone B. Cette année, nous avons donc presque trois semaines de vacances en mai, comme tous les gens de la zone B. Nous profitons donc de ces vacances pour passer du temps chez Papi et Mamie. 

Ce qui est bien, avec Mamie, c'est qu'elle connaît bien les plantes. Ce qui est bien avec Papi, c'est qu'il connaît bien l'économie. Par une savante combinaison des deux, les deux héroïnes régulières de ce blog ont décidé d'ouvrir une boutique d'herboriste. La nature, le bio, le bien-être. Tout ça c'est très tendance, et on va surfer sur la vague.  J'attire l'attention des inspecteurs de l'URSSAF ou des impôts qui seraient de passage qu'il s'agit bien d'une boutique fictive. Les faux revenus générés n'entrent donc dans l'assiette d'aucune taxe ou cotisation.

Toute fictive qu'elle soit, un réel professionnalisme se dégage lors de la mise en œuvre de cette entreprise.

Un concept innovant :
Le choix du local, un tipi-atelier planté dans le jardin, renforce le côté vert du business-model. Une vraie bonne idée car il implique le client, qui peut choisir les herbes à inclure dans ses préparations et assister à leur réalisation si il est patient.

Des horaires précis et respectés : 
Bien que l'amplitude horaire soit adaptée à une période de vacances donc  restreinte (voir plus haut), elle est respectée à la lettre (ou au  chiffre plutôt), les patronnes ayant bien pris soin que la pause goûter n'impacte pas leur clientèle.

Un panel de produits ciblé et maîtrisé :
L'atelier propose :
- des kits senteurs réalisés à partir de pétales de fleurs et plantes
- des infusions à base de plantes
- des bouquets garnis d'aromates pour la cuisine  
L'ensemble est cohérent et les patronnes-ouvrières réalisent leur produit avec minutie dans une présentation impeccable.

Des prix compétitifs : 
Les offres de lancements sont imbattables : 1 euro le kit senteur et 1,50 euro le bouquet garni. Pour les infusions, je ne me souviens plus, je ne suis pas intéressé. Elles acceptent même les billets de Monopoly.

Une communication client irréprochable :
De la prise de commande à la livraison, numéro 1 assure une communication continue. Numéro 2 gère le back-office de manière rigoureuse. Tout est livré en temps et en heure, le client est tenu informé de l'avancement.

Tous les ingrédients d'une bonne gestion sont donc là. Le fun en plus, car elle prennent un réel plaisir dans l'opération. De plus, j'ai été bluffé par leur connaissance des plantes, moi qui pensais en avoir fait des citadines pur jus.

Bref, l’entreprenariat français me semble entre de bonnes mains, à condition que les organismes suscités le laissent tranquille. C'est un client très satisfait qui vous le dit. J'ai pris un kit senteur et un bouquet garni, et j'y retournerai demain. C'est ouvert, même les jours fériés.

lundi 23 avril 2018

Et n°1 devint Zadiste !


Ce samedi, nous avons switché (inversé en français) les vêtements d'hiver et les vêtements d'été. D'humeur rangeuse, j'avais aussi décidé de combiner ce rendez-vous biannuel avec un nettoyage de printemps. Ambitieux, mais les beaux jours et l'autonomie grandissante de mes deux mini-pingouins me rendaient optimiste.

Pour numéro 2, ce fût globalement assez simple. Elle rangea rapidement sa chambre et fit rapidement ses trois tas :
- les habits que je remettrai l'hiver prochain
- les habits qui sont trop petits mais qu'on peut donner
- les habits qui ne ressemblent plus à rien
L'opération fut rapide. Débutée à 11h, l'ensemble des opérations s'est terminé à 13h.

Numéro 1, quant à elle, a  décidé que cette journée serait celle du marquage de territoire, faisant de sa chambre une Zone A Défendre. C'est son mai 68 à elle. Malheureusement, son père, fervent représentant du régalien familial, est prêt à en découdre. La désobéissance civile ne passera pas.


11h00 : La Zadiste déclare son indépendance
- J'ai besoin de personne, je fais le rangement toute seule. (grand bruit, l'ensemble des vêtements est jeté au milieu de la chambre, déplié, les cintres enchevêtrés).
Toujours de bonne humeur, le régalien ne bronche pas et fait confiance au peuple.

12h15 : Ultimatum de la préfecture
Plus d'une heure d'autonomie. Une première vérification dans la chambre s'impose. Les vêtements sont toujours par terre. Numéro 1 est sur le lit, en train de lire. Rien n'a avancé et je suis accueilli par un œil sombre.
- Je fais ce que je veux
- Très bien, on verra ça. De toute façon, tu ne mangeras que quand ce sera fini.

14h00 : Première intervention des CRS
Le repas avec numéro 2 est terminé.
Dans la ZAD, la colère gronde. Je dégage l'entrée. Au tas de vêtements, s'est maintenant ajouté un tas de papiers et de jouets à trier dans un bordel (je pèse mes mots) indescriptible..
- OK, je t'aide pour les fringues
- NOOON
- Si je t'aide, sinon t'auras pas fini avant 1000 ans.
On se met au travail.


16h00 : Tentative de reprise des négociations
Après deux heures, nous terminons de ranger les vêtements. (4 tas pour elle car il y a aussi les habits pour donner à numéro 2)
- Je peux aller manger ?
- Aucun problème. Dès que ta chambre sera rangée.

16h02 : Manifestations non pacifiques
Elle marque son désaccord par une colère inhabituelle (Merci, les hormones). Elle se roule par terre  (la faim, la colère, ou un mélange des deux). Les CRS se retirent pour apaiser la foule non sans rappeler l'ultimatum initial.

17h20 : Deuxième intervention des CRS
- J'ai fini de ranger
- Je peux voir sous le lit ?
- Non. C'est ma chambre. Je veux voir personne ici.
Re-colère. Elle fait tomber des trucs au passage, se donnant plus de travail.
Intervention musclée des CRS cette fois. Le régalien en a marre.
- Maintenant, tu te calmes. Je t'aide ?
- Non
- Très bien, je repars. Tu sais, ce que tu as à faire.

17h25 : Contre-Manifestation pacifique
N°2 se plaint :

- Mes oreilles sont vraiment pressées d'être à ce soir. Il y a trop de bruit.
Les premiers effets collatéraux de l'insurrection se font désormais sentir

 
19h00 : Escalade de violence à la ZAD
L'aspirateur est expulsé bruyamment de la ZAD sans avoir été utilisé. Les CRS le remettent dans la chambre. Il est expulsé une deuxième fois, perdant une roue dans l'opération. Le régalien fulmine. La situation semble hors de contrôle.

19h20 : Manifestations et ultime intervention des CRS
De nouvelles manifestions répétées rendent la situation invivable pour le gouvernement. Le couvre-feu est décrété.
- Au lit, tu as jusqu'à 20h pour écrire un mot d'excuse pour la journée de m...  que tu nous a fait passer sinon c'est extinction définitive jusqu'à demain. Le gouvernement, bien qu'excédé, laisse une dernière porte de sortie à la Zadiste.


19h48 : Sortie de crise
Douze minutes avant l'expiration de l'ultimatum, la Zadiste présente ses excuses par écrit et permet la sortie de plus 8h de crise, la plus longue et la plus intense connue par la famille. Elle est enfin autorisée, par un gouvernement apaisé, à aller manger.

Voilà. Peut-être qu'avec le recul, ce jour restera comme celui du passage définitif de l'enfance à l'adolescence. Si tel est le cas, le gouvernement comme la rebelle vont devoir mettre de l'eau dans leurs vins respectifs. Beaucoup, beaucoup d'eau !

lundi 16 avril 2018

Insomnium à Angers

S'il est une chose que numéro 1et 2 aimeraient bien faire avec moi, c'est se rendre à des concerts de heavy metal. Elles sont malheureusement trop jeunes pour assister à ces événements qui, bien que bon enfant, ne sont pas pour les enfants.

Ce samedi, j'assistais donc à une étape de la tournée d'Insomnium, à Angers, dans une salle dotée d'une acoustique impeccable : le Chabada. Notez au passage que le saucisson est interdit au Chabada. Nous avons pu cependant récupérer le nôtre à la sortie.

C'est Tribulation, un groupe suédois de death metal, qui assurait la première partie. Je mets death metal mais je ne suis pas bien sûr, les sous-genres de métal sont en effet aussi difficiles à classifier que les sous genres de végétariens. Nous aurions hautement besoin d'un Darwin du metal pour mettre tout le monde d'accord. 

Tribulation, c'est un contraste saisissant entre un chanteur à la voix de death de stentor et un(e) guitariste mi homme, mi femme. Je vous mets une petite photo et une vidéo afin que vous vous  rendiez compte [1]. Première partie de grande qualité. Hors musique, j'ai aussi pris conscience de la difficulté de prononcer "Bonjour Angers" pour les non francophones. le "ge" n'est en effet pas courant dans les autres langues.

Tribulation

  
Vint ensuite le gros morceau de la soirée, Insomnium. Il est possible que l'objectivité me fasse défaut dans ces quelques lignes car j'aime beaucoup. Insomnium, est un groupe de Death mélodique finlandais, vieux d'une bonne décade. Leur dernier album est un morceau unique de 45 minutes[2]. Ils appellent ça un "concept album", dans le jargon. Une question me taraudait. Comment transpose t-on un morceau complet de 45 minutes sur scène sans ennuyer les gens ?
La réponse ne se fit pas attendre, car le concert commença justement par Winter's Gate, nous apportant une ambiance mélodique, sombre et hivernale, laissant penser que l'on parle plutôt de la porte d'entrée de l'hiver, et non de la porte de sortie que nous attendons tous depuis des semaines. 45 minutes plus tard (oui, ils l'ont jouée en entier), nous recevons notre premier "Bonjour Angers", particulièrement maîtrisé. Félicitations à Niilo Sevänen pour la performance. La suite fut plus classique avec des morceaux de l'album "Shadows of the Dying Sun"[3] et une reprise de Dark Tranquility (ça on me l'a soufflé).

Insomnium


Bref, c'est la première fois que je vois un groupe faire deux concerts en un, et c'est somme toute assez impressionnant. D'aucuns regretteront la petite introduction format Walt Disney, qui n'avait rien à voir avec la choucroute. Mais cela reste un détail, incapable d'occulter une soirée vraiment exceptionnelle.

dimanche 4 mars 2018

Un Ascenseur bien capricieux

Travail, Famille,  Patrie Love. J'ai délaissé Papa Pingouin ces derniers temps. Back to business, profitons de cette période de vacances pour écrire quelques billets !  Et ça tombe bien, ce matin nous avons pris la route pour le ski.

Il y a une phrase que j'aime bien : "une petite galère se transforme toujours en bon souvenir avec le temps". Et une semaine au ski, c'est un paquet de bons souvenirs en perspective. Et ça commence très souvent dès le trajet aller.

Pour nous, ce fut un voyage de 9h sans encombre ni bouchon un samedi de chassé-croisé. S'en suit un surclassement dans un appartement 3 étoiles flambant neuf, les forfaits et les skis récupérés en moins de 30 minutes, ça commence à être vraiment louche. On attend la tuile. Elle va bien finir par arriver.

Dernier effort logistique, le déchargement de la voiture. Easy, on a l'ascenceur direct du parking souterrain vers l'appartement. Ascenseur rempli en deux temps trois mouvements avec les 3 valises, la caisse de courses, numéro 1, numéro 2, votre serviteur. Il démarre vers notre destination et s'arrête brusquement. La porte intérieure se met à devenir folle dans un boucan d'enfer.

On se regarde.

Numéro 2 : Ca marche pas terrible la porte là !

J'appuie sur l'étage désiré, qui ne s'allume plus. Bon, on va appeler OTIS. J'utilise donc pour la première fois de ma vie la petite cloche d'appel d'urgence  (oui, même pour déconner, je ne m'en n'étais jamais servi, foi de Papa Pingouin).
Près de la porte toujours en pleine forme, impossible de comprendre le technicien qui me répond en espagnol. On essaye de se comprendre sans succès de toute les manières possibles, exceptés les signaux de fumée puis ça raccroche. Je n'ai pas la moindre idée s'il a compris qui nous étions et surtout où nous étions.
Pendant ce temps, les filles se sont fabriquées des fauteuils avec les sacs. Je ne les sens pas super optimistes sur une issue favorable à la crise.
Ultime recours, le téléphone portable. Je n'y avais même pas pensé, ça capte jamais dans les ascenseurs. J'appelle l'agence de location. Ca passe !!
Un laconique : "Très bien, on vient vous ouvrir" me fait dire qu'on ne doit pas être les premiers. La libération arrive enfin, non sans une petite escalade qui justifie l'illustration héroïque.

Je ne sais combien de temps nous sommes restés : 10, 20, 40 minutes ? Elles nous ont à tous sans nul doute paru bien plus longues que les 9 heures de route.

Le debrief était magique :
Numéro 1 : "Je faisais genre j'étais cool mais c'était trop la panique, je remonte plus dans ce truc"
Numéro 2 : "Pareil, c'était vraiment pas rigolo, on prend toujours les escaliers maintenant."
Moi : "Tout pareil, je faisais pas le malin quand on comprenait rien dans l'interphone".

Je les félicite pour la gestion des émotions. On rigole. C'est déjà un bon souvenir.


jeudi 18 janvier 2018

Adieu Notre Dame Des Landes

Je ne vous l'ai sans doute pas dit, mais, avec les filles,  nous habitons près de Bouguenais. C'est la ville de l'ancien futur ex-aéroport de Nantes. Le dossier #NDDL, nous le suivons de près et depuis longtemps.

Aujourd'hui, nous avons appris que l'aéroport allait rester près de nous et que personne n'allait le déplacer à 40 kilomètres, dans la plus célèbre des communes de moins de 2000 habitants, Notre-Dame-des-Landes.
Si nous sommes heureux de cette décision, ce n'est pas vraiment par souci d'écologie. Les cartons dans les poubelles jaunes et les pots de yaourt bio dans les poubelles vertes, on est bien. Les lumières éteintes quand on part le matin, on progresse. Mais l'écologie, ce n'est pas notre moteur.

Si nous sommes heureux de cette décision, ce n'est pas vraiment non plus à cause du  coût exorbitant prévu pour ce nouvel aéroport. Enfin surtout les filles. Moi, ça me gênait un peu de cramer de l'argent pour refaire un truc qui existe déjà, même si le budget était magnifiquement ficelé et ne présentait aucun risque de dépassement (1).

Si nous sommes heureux de cette décision, ce n'est surtout pas par solidarité avec les zadistes. Des mecs qui bafouent le droit de propriété et qui nous explosent le centre ville tous les six mois, ça ne nous amuse pas trop à Nantes. Et puis, les dessins sur les routes et les murs, "ils ne sont pas jolis et il y a des fautes".

Et enfin si nous sommes heureux de cette décision, ce n'est enfin pas vraiment non plus par sympathie pour le gouvernement. On peut toutefois mettre à son crédit :
- le fait d'avoir enfin pris une décision ;
- de mettre en émoi nos barons locaux de tous bords, tristes de ne pas avoir leur joujou.

Notre bonheur vient surtout du fait que nous aimons vraiment les avions. C'est notre culture locale. Alors les garder près de nous nous sied car ils accompagnent chaque étape de nos vies.

Dès la maternelle, les moteurs couvrent ponctuellement le brouhaha de la cour d'école. C'est amusant de voir des dizaines de petits index levés montrer en même temps l'avion qui va atterrir à quelques centaines de mètres. 

En primaire, ça nous aide pour la lecture.  On déchiffre les noms des compagnies inscrits sur le flanc des avions depuis notre balcon.

Et au collège, on  apprend avec surprise que le CO2 n'est pas si méchant et qu'il nourrit les arbres et les plantes, et on revient super content car les avions en jettent plein au dessus de nous.

Pour les grands, nombre de parents d'élèves travaillent chez Airbus, près de l'aéroport. Ça rassure tout le monde ici, d'avoir de la visibilité sur son avenir.

Voilà, c'était histoire de vous donner le sentiment qu'on a, par ici. Ne soyez donc pas triste pour nous. Ceux pour qui vous pouvez être tristes, ce sont les gens qui donnent des années de leur vie pour travailler sur des projets, détruits en deux réunions par des politiques. Eux ne sont pas prêts d'en refaire , des projets.

(1) Il est possible que se glisse un peu de second degré dans le billet, que le lecteur régulier aura détecté sans mal

lundi 8 janvier 2018

Et la Tétine disparut ...

Les toits blanchissent le matin, la nuit tombe très tôt. Les plus malchanceux, ceux qui n'ont pas de garage ou l'ont rempli avec des merdes souvenirs, mettent le réveil 15 minutes plus tôt pour gratter la voiture.




Oui, l'hiver est là et ce froid naissant m'a fait penser à une anecdote que j'aimerais vous conter : le passage de numéro 2 du statut de bébé au statut d'enfant.


C'est en 2012 que j'ai décidé d'emmener au ski n°2 et n°1 pour la première fois. Elles avaient respectivement 3 ans et demi et 5 ans et demi. C'est l'âge où les demi-années sont d'une importance capitale, un peu comme  les mois avant deux ans.


Je n'étais pas particulièrement chaud pour partir tout seul avec deux enfants si jeunes dans une expédition de ce type. Mais une promotion dans un club, couplée à une organisation millimétrée, m'ont fait franchir le pas. Un petit, vers les Pyrénées. Le grand pas vers les Alpes sera pour une autre fois.

Nous voici donc en route vers Gourette, petite station familiale des Pyrénées Atlantiques, près du col de l'Aubisque, bien connu des cyclistes de canapé de juillet. Ce col, nous l'avons franchi plus lentement que Lance Amstrong et sa troupe, en raison de ce dialogue entendu à six ou sept reprises :

- Papa, ça tourne trop, j'ai mal au cœur
- Ok, on s'arrête


Ces multiples arrêts ont eu une conséquence particulièrement gênante. La tétine de numéro 2 a disparu (1). Le compagnon du sommeil s'est envolé, probablement tombé lors d'une de ces pauses forcées. Plus grave encore, la pharmacie et la superette de la station ne proposent aucun substitut. Damned ! Il va falloir faire sans. Une nuit épouvantable se prépare.

Elle, ça la fait rire, elle ne se rend pas compte. De plus, on dort tous les trois dans la même chambre. Ca, ça l'amuse.


Le soir venu, j'éteins. Elle ne dit rien. Je surveille du coin de l'œil. Elle ne pleure pas et garde les yeux ouverts. Elle voit que je vois. Deux heures plus tard, elle ne pleure toujours pas, mais ne dort toujours pas non plus. L'insomniaque sans tétine. Il m'est par contre impossible de vous raconter la fin, le père indigne que je suis s'est endormi avant elle. Je peux seulement vous rassurer sur un point. Le lendemain matin, elle dormait profondément. Les nuits suivantes aussi.


Et voici comment, les voyages formant la jeunesse, numéro 2 a abandonné la tétine pour dormir.


(1) selon les régions et habitudes, on dit aussi tutute, sucette, tototte ou même toutouille. Je veux bien des témoignages des extra-terrestres qui disent toutouille afin de répondre ensemble à la question que tout le monde se pose. Pourquoi ?







































































mercredi 3 janvier 2018

Les Fêtes, c'est la Famillle

https://geektionnerd.net/canonisation/
Impossible d'écrire quoi que ce soit début janvier sans sacrifier à la cérémonie des vœux. Je vous souhaite donc une bonne et heureuse  année 2018, et surtout la santé, c'est important la santé.

Ces formalités de rigueur expédiées, je souhaitais aussi profiter des ces fêtes de fin d'années, propices à la famille, pour évoquer mes parents, sans qui je serais bien en peine pour écrire régulièrement ici, étant toujours en quête de temps.

En effet, si numéro 1 et 2 peuvent s'estimer heureuses d'avoir un père qui tient à peu près la route, elle bénéficient de grands-parents exceptionnels. Toujours présents, en dépit d'une reconnaissance somme toute modérée de leur progéniture et d'un environnement parfois instable,  ils empilent consciencieusement les éléments favorables pour un procès en canonisation qui devrait s'avérer être une formalité.

Ce 1er janvier en fut un parfait exemple. Nous avons donc eu, cette année, avec mon frère, la possibilité de passer  un réveillon du jour de l'an exceptionnel. L’éducation qui m'a été donnée m'interdit malheureusement de le conter ici.

En effet, non contents d’accueillir nos amis avec la chaleur qui les caractérise, nos parents ont proposé de nous laisser libres et de  partager leur propre réveillon avec numéro 1, numéro 2, et leurs deux cousins. Quatre enfants, rien que ça. Un sacrifice unique qui nous offre, l'espace d'une nuit, le bien de plus précieux des parents : la liberté.

Ce "plaisir de faire plaisir" est, je le pense sincèrement, est un des principaux moteur de notre famille. Et ce sont eux qui déclinent le mieux cette formule, créant de multiples cercles vertueux  autour d'eux. 

Et pour tout le monde, c'est toujours une immense joie d'être accueilli dans leur "Temple de la Bienveillance". Le voir toujours debout et aussi solide après tant d'années se devait d'être souligné.

lundi 4 décembre 2017

Un mystérieux Parchemin


Le planning du frigo est une espèce de monstre liberticide, capable de dévorer votre temps et votre énergie à longueur d'année. Jamais rassasié, il en demande toujours plus. Et ce monstre est aussi une hydre capable de se téléporter. Je suis persuadé qu'il hante votre cuisine comme il hante la mienne.

Or, ce dimanche, le monstre dormait.  Il n'imposait rien à personne, laissant à chacun la liberté de se reposer. Enfin, c'est ce que je croyais.

- Papa, papa (quand c'est urgent, c'est toujours en double), on a besoin de feu et de café.
- Alcool, cigarette, drogue, je fournis tout. Vous avez besoin de quoi d'autre ?
- Juste du café et un briquet, on va fabriquer des parchemins.
- Des parchemins, c'est intéressant. Je commence par faire un café pour moi et après on voit ça.

Le monstre ne dormait pas. Il était simplement devenu protéiforme, attaquait désormais sans prévenir, et allait me dévorer par la torture du bricolage.


En effet, je ne suis vraiment pas terrible en bricolage. Mais ce qu'il y a de bien au XXIe siècle, c'est qu'il existe les vidéos pas à pas. Et pour les parchemins, n°1 en a trouvé une vraiment bien.

- On a tout mis sur la table, il manque plus que le café et le briquet. Le café c'est la première étape.

Je prépare donc un café chaud que je refroidis avec des glaçons (Pas courant pour un 3 décembre). Une fois le liquide à température ambiante, elles peignent consciencieusement les deux côtés de leur feuilles respectives. La présence d'un seul pinceau pour les deux retarde un peu les travaux tout en créant des conflits qui retardent eux aussi les travaux. La routine ...

Sorti de la peinture, on passe à la partie destructive du travail. Je vous apprendrai rien en vous disant que le papier vieilli à l'air beaucoup moins en forme que celui qui sort de nos belles ramettes de papier A4. Plusieurs étapes sont donc nécessaires.
1) D'abord le froissage dans du papier absorbant. On chiffonne le papier n'importe comment et ça ne l'abime pas. Ca amuse beaucoup numéro 2.
2) Puis on déchire les bords, de manière un peu aléatoire. C'est perturbant car depuis des années, on nous oblige à tout faire bien droit, donc c'est pas facile de faire de travers.
3) Puis on brule les bords sans se bruler (ça c'est moi). Avec un briquet, selon la méthode des moines copistes du moyen âge.

On complète par un petit coup de fer à repasser et  le résultat est plutôt pas mal. La prochaine étape est de respecter le support et d'écrire sans faute d'orthographe (je fais le malin et vais donc bien relire ce billet avant de publier).

Bref, ce dimanche, on a utilisé les moyens du XXIe siècle pour faire des parchemins du XIIIe siècle. Et c'était très amusant.

vendredi 24 novembre 2017

La Réunion Parents-Profs : le Retour de la Revanche


Novembre. Les arbres à feuillage caduc sont désormais presque nus. L'hiver approche à grands pas. Partout, on commence à installer les décorations de noël, qui nous éblouirons bientôt de leur lumière. Et à propos de lumière, c'est aussi, dans les collèges, la période de la réunion Parents-Profs. L'occasion unique pour un éclairage tout particulier sur les performances de nos rejetons.


- Papa, papa, on a reçu un papier, il faut que tu coches les profs que tu veux rencontrer.
- Je peux les voir tous ?
- Non , c'est 6 maximum.
- Ah, il faut en sacrifier alors
Le sacrifice d'un prof de collège, 25 ans que j'attends ça...
Je coche rapidement Français, Maths, Anglais, Allemand, Histoire-Géographie. Il reste une place à distribuer. La bataille est rude entre physique-chimie, musique, technologie, arts plastiques, sports et sciences de la vie et de la terre. D'une humeur particulièrement verte ce jour là, j'opte pour cette dernière. Concernant les cinq autres, ils sont donc sacrifiés mais auront la chance de terminer un peu plus tôt que leurs collègues.

En consolidant mes réponses et celles des centaines d'autres parents de 6è, le collège a pu établir des plannings d'une précision chirurgicale. Pour moi, cela donne un vrai speed dating :
16h30 : Français
16h35 : Histoire-Géographie
16h40 : SVT
16h45 : Allemand
16h50 : Maths
16h55 : Anglais


Pour un des profs, cela donne plutôt un marathon (les noms ont été changés volontairement) :

16h10 : Parents de Louis XIII
16h43 : Parents de Louis XIV
17h15:  Parents de Louis XV
17h74 : Parents de Louis XVI
18h04 : Parents de Napoléon
........
19h58 : Parent du petit Charles
........
20h07 : Parents du petit Nicolas
20h12 : Parents du petit François
20h17 : Parents et épouse du petit Emmanuel

Dans la pratique, on respecte l'ordre sur les 2-3 premiers et ensuite ça devient un peu l'anarchie. Quand on voit une place disponible, on y va. Tant pis pour la chirurgie.
Les entretiens sont efficaces. En 5 minutes, pas le temps de niaiser en effet. On passe en revue les notes (quand il y en a), le comportement (quand on se rappelle de l'élève), les techniques pour progresser (ma question bonus quand il reste du temps). Avec n°1, on s'est dit qu'on allait prendre des notes et bien écouter les conseils, pour se faire bien voir. Mais finalement, ce n'était pas trop la peine. Les profs ont l'air de bien l'aimer, n°1. Elle travaille et elle participe. Je suis content.

Je termine par mon conseil du jour. Cette réunion parents/profs c'est utile et il faut y aller. Quitte à faire un sacrifice, autant se passer de la réunion de rentrée.

vendredi 10 novembre 2017

Le Musée des beaux Arts

Ce dimanche, c'était visite au Musée des beaux arts de Nantes.


J'allais dans un musée de province pour la première fois depuis mes années lycées. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. On y trouve des peintres de renom : Picasso, Monet, Manet, Courbet... Et puis, c'est moins grand qu'un musée parisien. Parce que, passé 1h30 de musée, n°1 et n°2 en ont un peu marre. Et puis on ne va pas se mentir, c'est pareil pour moi.


Nous avons donc passé un excellent moment au milieu de très jolies compositions, très bien expliquées et surveillées par beaucoup de personnel. Le visiteur d'ailleurs est presque aussi bien encadré que les tableaux (1). Mais comme ce monde est particulièrement cruel, nous allons nous attarder sur les détails qui nous ont fait rire. C'est moche, c'est triste, mais c'est comme ça.


Tout d'abord, cette manie agaçante de mélanger tous les styles : classique, moderne et contemporain. Ce qui fait ressembler certaines pièces à un début d'épisode de "Maison à vendre", quand la baraque invendable a disparu sous la montagne de déco entassée pendant 30 ans.


A titre d'exemple, on peut trouver cette autruche de Maurizzio Cattelan en plein milieu des galeries de peintres du XIXè.

Cette photo de Musée d'arts de Nantes est fournie gracieusement par TripAdvisor 


Dans un tout autre style, nous avons celui-ci. Je vous laisse le temps de faire votre opinion.
Cette photo de Musée d'arts de Nantes est fournie gracieusement par TripAdvisor 
Nous avons hésité entre un travail de moyenne ou grande section de maternelle, nous n'étions pas bien sûrs. Je n'aimerais pas être à la place des gens qui rédigent les fiches explicatives pour ce type de tableau.


Nous avons, aussi vu, en vrac, et avec plein de questions bien concrètes assez éloignées de l'objectif initial des artistes.  :
- un porte-manteau très grand pour les basketteurs
- une chapelle avec des vidéos de gens en fin de vie
- des photos de dames qui font pipi debout
- une autre dame qui porte une tête barbue sur un plateau.

Oui, des questions concrètes. C'est ce qu'il y a d'amusant avec les enfants. Ils sont plus près de la terre que nous, au propre, comme au figuré. Et quand on confronte l'art contemporain à ce côté terrien des enfants,  les œuvres redescendent  sur la planète bleue. La visite du Musée des Beaux Arts de Nantes fut pour cela un excellent révélateur.

(1) Mon moment Raymond Devos. Et on comprend aussi pourquoi le budget de la Culture (10 Mds €) est supérieur au budget de la Justice (7 Mds €) .

lundi 6 novembre 2017

Le Panier des Chaussettes perdues

Il m'arrive de penser que les objets ont une âme, des sentiments, des émotions. Je ne sais pas d'où ça vient. Peut-être pour compenser l'absence d'émotion chez certains êtres humains. Ou peut-être pour une toute autre raison,  qui n'aurait rien à voir. Bref, aujourd'hui, les chaussettes que je trie ont une âme.

Ce qui m'a amené à cette réflexion, c'est qu'elles vivent en couple, dans un schéma similaire à celui des Hommes. Elles résident toujours ensemble à la maison et demeurent toujours séparées quand elles travaillent. Une de vie de couple qui prendrait effet dès la naissance et jusqu'à la disparition de l'une d'entre elles. Beau et effrayant à la fois.

Par conséquent, il me semble que si j'étais une chaussette, ma plus grande peur serait de me retrouver dans le panier à chaussettes perdues. Vous savez ? Il s'agit de ce panier ou tiroir dans lequel on isole les chaussettes non appariées dans l'attente de l'utopique retour de leur jumelle.

Pour une chaussette, ça doit ressembler à une espèce de Meetic racial et transgendre où seule la couleur compte et le sexe importe peu.  Un Meetic dans lequel son futur partenaire potentiel ne pourrait être qu'un sosie de son ex. Un Meetic dans lequel trouver l'amour serait impossible et dont la plupart des membres seraient abonnés éternellement. Et pour beaucoup, le dernier arrêt avant le néant.

En effet, peu de chaussettes retrouvent une vie normale après le panier à chaussettes perdues. Les plus chanceuses se retrouveront dans une boîte à cirage, comme chiffon, nettoyant l'extérieur des chaussures alors que quelques semaines auparavant, elles protégeaient les pieds de ces dernières. Quelle ironie dans cette fin de vie ! Les autres finiront à la poubelle ou au recyclage selon le niveau d'éco-conscience de l'humain à qui elles ont voué leur vie.

J'espère donc de tout coeur que vous penserez, la prochaine fois que vous trierez vos chaussettes, aux angoisses de ces petits morceaux de tissus séparés de leur âme soeur, et des joies générées par chaque retrouvailles.
Mais j'espère surtout avoir tort, et que les chaussettes, n'ont ni âme, ni sentiment, ni d'émotion. Ce ne serait vraiment pas le pied pour elles.

mardi 24 octobre 2017

Le Travail des Enfants : déculpabilisons !

Il y a quelques jours, nous avons vu ensemble comment optimiser son temps en tant que parents. Dans ce cadre, j'avais évoqué la possibilité d'exploiter de s'appuyer sur ses enfants pour gagner du temps.

Nous y voici.


Pour savoir quelles tâches leur donner et à quel âge, d'autres ont déjà très bien fait le travail. Je vous propose donc, ce lien, ce lien et ce lien.

Ici, nous allons apprendre à DE-CUL-PA-BI-LI-SER. C'est le plus important afin de pouvoir déléguer l'esprit tranquille. Voici quelques éléments qui vont vous rassurer et vous aider à donner à votre enfant sans aucune vergogne ses tâches du jour :

Argument n°1 :  Remettre l'enfant-roi à sa place
L'enfant du 21è siècle, le soleil se lève pour lui. Centre du monde, tout parait lui être dû (si vous ne reconnaissez pas votre enfant, montez une boite de conseil pour parent, vous êtes exceptionnel). Un nettoyage de salle de bain ou une vaisselle complète de temps en temps peut lui redonner le sens des valeurs.

Argument n° 2 : L'histoire
L'enfant qui ne travaille pas est somme toute un concept assez récent. Toutes les civilisations y ont eu recours, y compris la notre. Par exemple, les deux mois de vacances estivaux  ne sont pas un acquis social durement gagné par le corps enseignant. Ils avaient été positionnés pour que les enfants aident aux moissons. Des générations d'enfants ont donc bien plus travaillé que le votre.

Argument n°3 : Vous et lui
Des activités ensemble, surtout les pénibles, renforcent le lien familial. Toute petite galère partagée se transforme en bon souvenir avec le temps. Ne pas hésitez à l'impliquer dans les pires corvées, respectant ce précepte à la lettre.

Voilà ! Si il a l'air un peu fatigué ou si son regard implorant vous attendrit, relisez les points ci-dessous et ne lâchez surtout pas ! Il doit bosser !