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dimanche 15 juillet 2018

Des Devoirs de Vacances disruptifs

On ne va pas se mentir, le niveau moyen à l'école se dégrade à la vitesse de la lumière. Pas besoin de PISA pour voir que ça ne va pas. J'ai ma petite idée sur les causes (ce ne sont pas les enseignants)  mais là n'est pas l'objet de ce billet.

Un parent qui souhaite une instruction idéale pour son enfant doit donc encore plus qu'avant donner de sa personne. En attendant l'exfiltration vers l'étranger, la survie passe par compléter les programmes massacrés par les pédagogues (1). Et être disruptif comme disent de nos jours les politiques (surtout les moins disruptifs d'ailleurs).

Comme nous n'avons pas le temps pendant les périodes scolaires, la bonne période pour travailler calmement, c'est pendant les grandes vacances. Pour cela, plusieurs méthodes :

Les méthodes classiques
Si on a quelques deniers à y consacrer, il existe les cours particuliers, type Acadomia. J'y ai eu droit pour ma part au siècle dernier. Merci maman. Merci papa. Une remise à niveau à la Toussaint quand il ne fait pas beau, c'est pas rigolo mais c'est efficace.
De notre côté, nous avons la chance d'avoir une mamie qui a enseigné. On l'a embauchée pour le français. Lecture à voix haute, dictée, rédactions. Ça sent bon le tableau noir et la craie et c'est moins cher qu'Acadomia.
 

Les méthodes disruptives
En complément des méthodes classiques, nous utilisons les MOOC (Massive Open Online Course). Ça, c'est vraiment disruptif. Voici deux exemples.

Khan Academy
Depuis 4 ans, c'est le format d'apprentissage en ligne que nous utilisons le plus. Il est centré sur les maths, les sciences et l'informatique, de la maternelle à la terminale. Un système de badges gagnés permet aux enfants de conserver la motivation et aux adultes de suivre la progression. L'outil envoie même un petit mail hebdomadaire aux parents pour synthétiser la progression de la semaine. Big Brother is watching them.

Duolingo
Pour l'anglais, nous testons Duolingo depuis quelques jours. N1 et N2  ont bien accroché. Approche très ludique et complétée par des forums pour poser des questions. Le fait qu'elles aient débuté en même temps génère une belle émulation entre les deux.
Fonctionne aussi pour l'Allemand, l'Espagnol et moult autres langues.


Le programme
Pour que cela serve à quelque chose, l'outillage ne suffit pas. Un minimum de cadrage et d'organisation est nécessaire en sus. Mais nous ne sommes pas des brutes, voici un aperçu du programme quotidien :

Pour N1 (6è) : 
- Khan Academy (15')
- Duolingo (15')
- lire et comprendre une page d'anglais.

Pour N2 (CM1) : 
- Khan Academy (15')
- Duolingo (15')
- lire et résumer en 5 lignes une page de français


Voici pour nous.  Je suis preneur d'un retour sur les outils utilisés dans vos foyers respectifs. Soyons disruptif ensemble.



(1) J'avais dit que ce n'était pas l'objet du billet pourtant, mais c'est plus fort que moi




mercredi 11 octobre 2017

Le Dictionnaire


- Papa, Papa, c'est super. Le collège nous a offert un dictionnaire gratuit
- Gratuit ? Mais par quel miracle ? Les éditions Robert ont travaillé gratuitement ? C'est pas pré-payé plutôt, avec les frais de scolarité ou les impôts ?


Un petit coup d'oeil rapide vers l'objet en question répond rapidement à ma question. Une édition Robert Collège spéciale Loire-Atlantique. Il semblerait qu'on se fasse plaisir au conseil général avec nos taxes foncières.


Cette petite introduction économique passée, c'est plutôt de l'usage de l'outil dont je souhaitais vous parler. Je ne sais pas vous, mais la dernière fois que j'ai ouvert un dictionnaire, ça doit être vers 2001. La monnaie nationale était encore le franc et la première émission de télé-réalité  franchissait à peine l'Atlantique. Une autre époque. L'usage de cet objet me semble désormais avoir complètement disparu du monde adulte.

Je me pose donc la question de l'utilité du dictionnaire à l'ère d'Internet.

Évidemment, toutes les plumes n'ont pas été brulées quand Gutenberg (1) a inventé l'imprimerie et certains mélomanes écoutent encore du disque vinyle alors qu'une demi-douzaine de supports de meilleure qualité lui ont succédé, chose que je ne m'explique vraiment pas du tout au passage.

Cependant, l'école est sensée préparer les enfants  à la vie, leur fournir les clefs pour chercher les informations par eux-mêmes. Leur génération a clairement cette culture, d'aller chercher l'information sur tous les supports, bravant même quelques interdits au passage. Or, le dictionnaire fait de moins en moins partie des supports du quotidien.

Certes, une utilisation en primaire permet d'intégrer les logiques de classements et apprivoiser la lecture, avec ce petit côté ludique. A partir du collège, il n'a de mon point de vue plus aucun sens pour nos enfants, surtout quand on a croisé un cartable de 6è.


Et donner du sens à ce qu'il fait,  pour le développement d'un enfant, c'est drôlement important.





(1) Je ne suis pas sûr de l’orthographe mais je ne peux pas aller voir dans le dictionnaire, sinon mon billet n'a plus aucun sens à son tour.


mardi 3 octobre 2017

Terrorisme et lnnocence perdue

Ce matin, le ton sera probablement moins léger que d'habitude. Si vous êtes venus pour vous éloigner des atrocités de ce début de semaine, revenez plutôt demain. J'en suis désolé. 

Depuis 3 ans, nous, parents, faisons face à un phénomène nouveau que nous n'avons pas appris à gérer. Je parle d'évoquer avec les enfants des attentats terroristes proches de nous, répétés et médiatisés.
Dans leurs esprits de petits en construction, l'impact de ces événements est impossible à mesurer. C'est pourquoi mon premier réflexe a été de les éloigner le plus possible (attentat de Charlie hebdo, janvier 2015).

Malheureusement, cette stratégie ne fonctionne que si l'on vit en vase clos, à la maison. Sur ce sujet, le monde extérieur décide à notre place. Les autres enfants racontent tout et le gouvernement a décrété, de manière inopportune, de faire entrer le sujet dans l'école. Je me souviens encore de ma grande, effondrée, car elle faisait du bruit en pleurant pendant la minute de silence "administrative" décrétée après le Bataclan (novembre 2015). Papa allait à Paris tous les 15 jours à l'époque.

Donc il faut donc en parler. Mais comment ?

Les enseignants font se qu'ils peuvent mais ce sujet, il est clairement de notre responsabilité de parents. Nous connaissons la sensibilité de nos enfants et connaissons les valeurs que nous voulons transmettre. Pour moi ça restera la liberté et la primauté de l'individu sur n'importe quel concept religieux ou social.

A titre personnel, je n'ai aucune recette miracle. Mon aînée est un amplificateur émotionnel et l'annonce est à chaque fois un enfer. Quant à la petite, ça semble glisser sur elle. Cependant, il en restera probablement toujours quelque chose. Je leur parle de fous, je leur dis qu'il ne sont pas nombreux, en y croyant de moins en moins. 

Ce lundi soir,  par exemple, je les appelle. On s'assoit tous les trois. Et on en parle. C'est de plus en plus rapide, comme aux infos, l'habitude s'installe et l'édition spéciale dure de moins en moins longtemps. N°1 éclate de rage et part en pleurant :
- Mais pourquoi les gens tuent d'autres gens ? Ca sert à rien à part baisser la population !
Quand je vous dis qu'il est impossible de savoir ce qu'il se passe dans leur tête.....

C'est rapide mais ça initie un dialogue. Elles reviennent ensuite avec des questions :
- Machin dit que quand c'est des Anglais à Londres, c'est moins grave que les Français
- Truc dit que les terroristes  ont tous des barbes.
Oui, dans la cour d'école, on n'a que faire du politiquement correct de la machine à café du travail.

Bref, le terrorisme, en plus d'enlever des libertés aux grands, ça vole l'innocence des petits.

vendredi 29 septembre 2017

La Découverte des Notes (2)

Rappelez-vous, en début de semaine, nous avons découvert les révisions pour un devoir noté, en Allemand.
En fin de semaine, nous avons eu la note.

Roulements de tambour ....



Et voilà :






Je suis plutôt content parce que ma sérénité habituelle avait été très sérieusement entamée par cet épisode "note". Comme je suis le centre de mon monde, je me suis livré à une petite introspection pour tenter de comprendre pourquoi. Je me suis donc aperçu que mon subconscient avait besoin de réponses à deux questions importantes :

1er point : "ma fille est-elle adaptée au monde scolaire ?"
L'absence de repère chiffré tout au long de la primaire laissait un doute dans mon esprit rationnel. Les couleurs c'est bien, les chiffres, c'est mieux. On est bien d'accord, une note toute seule, ça veut rien dire. Mais le subconscient, il est comme ça, il ne réfléchit pas comme nous, c'est pour ça qu'il est subconscient d'ailleurs. Et il l'air d'être rassuré.

2ème point : "ma fille va t-elle intégrer la valeur travail ?"
Oui, parce que si elle bosse à fond pour ramener un 8, aura t-elle envie de travailler pour le prochain ? Faire le lien entre qualité de travail et résultat me semblait important. Mission accomplie.

Bref, fin de l'analyse. C'est quand même un beau bazar dans la tête des parents souvent.

Pour la petite histoire, elle m'a dit la note juste avant de se coucher, elle avait oublié.
Elle a l'air de se prendre carrément moins la tête que moi. Et c'est tant mieux !!!

mercredi 27 septembre 2017

La Découverte des Notes


L'éducation, au 21è siècle, c'est aussi apprendre à se passer des notes. En tout cas jusqu'au collège.
Durant les 5 années d'écoles primaires, à part ceux des tables d'additions et de multiplication, ils ne voient pas beaucoup de chiffres.
Nos chérubins sont évalués avec des gommettes de couleur non stigmatisantes et des codes savoureux du style :
A -Acquis
EVA - En Voie d'Acquisition
AC - A consolider
NA - Non Acquis

Pas de notes, donc. Trop traumatisant pour nos enfants, à qui, par contre, on n'hésite pas à imposer des minutes de silence collectives au lendemain d'un attentat. Va comprendre.
Alors forcément, quand on découvre les notes, en 6è, ça fait un choc. On découvre les concepts de moyenne de classe, révision, devoir sur table .... Mais il y a pire. C'est le père. Déjà un poil pénible sur les devoirs du soir, il devient désormais aussi rigoureux que la gestion budgétaire d'Angela Merkel. Et ça tombe bien, le premier devoir, c'était Allemand.
Cette révision de la géographie allemande s'est très bien passée de mon point de vue.
Cependant, si elle doit raconter le pire jour de sa vie, n°1 évoquera probablement ce dimanche de révision avec son père, l'ignoble traquant la moindre faute d'orthographe, la moindre lettre mal formée, ou la moindre erreur de positionnement de fleuve ou de ville sur la carte d'Allemagne. Dans cette rédaction hypothétique, son père ressemblerait probablement à ça :



Vous pouvez donc lui envoyer vos messages de soutien en commentaire car elle a, en un après-midi, rattrapé 5 ans de non stigmatisation.


Edit : Pour le résultat, c'est ici.


mercredi 20 septembre 2017

Le Cartable de 6è

Hier, on avait 3 minutes d'avance. Donc, avant de se brosser les dents, on a eu l'idée de peser le cartable de 6è.


Le cartable de 6è, il n'est pas forcément plus lourd que celui de 5ème, 4ème ou 3ème. C'est surtout que le 6è, lui, il est beaucoup plus léger que ses homologues.
Nous, on a trouvé 9,5 Kg pour le sac. N°1, elle, pèse 29kg. Ce qui nous fait un rapport sac/humain de 32,8%. Presque un tiers.

Un rapport sac/humain d'un tiers, c'est un Papa qui porte un sac de ciment de 25kg. Et le Papa, il l'emmène dans le bus, le pose et le reprend 10 fois par jour et rentre en bus le soir avec, le sac de ciment.

Voilà, donc votre 6è, si il vous demande de l'aider à porter son sac en fin de journée, c'est pas pour vous embêter. C'est vraiment qu'il a galéré.

C'est là qu'on comprend aussi pourquoi, les garçons, pour séduire les filles, commencent par leur porter leur sac. Ça doit vraiment les soulager.

mardi 19 septembre 2017

L'autre Réunion de Rentrée (Partie 2 : La Maîtresse)

La suite ....  Si vous avez manqué le début, c'est ici.

Le Directeur nous propose de rejoindre les classes des enseignants. Je me dirige donc, en compagnie de 25 (à la louche, je n'ai pas compté) autres parents vers la classe de n°2. Je suis d'un œil fébrile la trajectoire de nos deux parents stars qui, à ma grande joie, prennent la direction d'une autre classe. Parfait, ça va pouvoir dépoter cette deuxième partie. Enfin, espérons !!
La maitresse nous  indique de nos assoir à la place de nos enfants. Ca fait bizarre, à 40 ans, de ne pas pouvoir s'assoir où on veut mais c'est mignon. Au troisième rang, je prends connaissance des cahiers de n°2, plutôt bien tenus. Ca fait plaisir.

Séquence émotion à la lecture de sa première rédaction dont le thème est "raconte ton meilleur souvenir".
Le récit de notre road trip Belgique, Pays-Bas, Allemagne de cet été est à deux doigts de m'arracher une larme. Elle est forte la petiote.

Puis, retour au présent avec la découverte du programme de CM1. La maîtresse, on sent bien que les nouveaux programmes, ça la gave un peu. Elle essaye de ne pas le montrer mais quand elle parle de l'école, c'est "nous", quand elle évoque l'administration c'est "eux". Il faut dire que dégommer d'un coup des notions de français apprises depuis des générations, ça ne doit pas trop lui plaire à la maîtresse. En synthèse (ceci est ma compréhension, les pros , vous corrigerez) , ça nous donne :

- le vocabulaire devient le lexique (exemple : Ribery n'est pas très fort en lexique)
- le prédicat remplace le COD et le COI (quand le prédicat est placé avant le verbe, on lance un dé, si on fait 5 ou 6, on accorde, sinon on écrit en langage sms)
- les compléments circonstanciels deviennent des compléments de phrases.
Donc, si vos CM1 vous parlent chinois, ne les grondez pas, il apprennent en effet une langue différente de la votre.




Après les programmes, suite de la petite ritournelle de mes "copains" parents sur la sécurité. Un papi, qui a sans doute été expert incendie au siècle dernier, nous refait les circuits d'évacuation de l'école. So interesting. Et encore 2-3 questions sur les exercices de confinement. Il me semblait qu'on avait fait trois fois le tour de la question avec le Directeur pourtant.
Le temps passe. Il est 20h10. Je commence à repenser à mon drive de 20h30, qui commence à sentir le faisan. On termine sur la logistique de classe, avec des perles : 

Parent 1 : - Ils ont droit aux bouteilles d'eau ?
Maitresse : - Oui, bien sûr
Parent 2 : - Et ils ont le droit de changer la bouteille tous les combiens ?
Maitresse : - Quand vous l'estimez nécessaire
Parent 2 : - Ma fille, elle dit qu'il faut tous les jours
Maitresse (triste) : -Une bouteille ça se remplit, ça se vide, il faut juste ne pas laisser l'eau croupir dedans
Parent 3 :  (le vieux des incendies, expert en tout finalement) : - Ah oui, l'eau stagnante, ce sont des maladies après.



- Maitresse : Nous irons probablement au Château en mai/juin aussi
- Parent 2 (la même que la bouteille) :  Il faudra un pique-nique ?
- Maitresse : vous aurez un mot .
Oui, il est 20h20 le vendredi 15 septembre,et Madame a besoin de planifier son pique-nique de juin.


La Maitresse nous libère enfin.

Et bref, voici comment, un vendredi pluvieux de fin d'été, on se retrouve, à 20h31, dernier client de la journée au drive.

lundi 18 septembre 2017

L'autre Réunion de Rentrée (Partie 1 : le Directeur)



Une personne qui a très souvent raison m'a dit : "CM1, y'a qu'un seul prof, ça va forcément durer moins longtemps que les 6è".
C'est avec cette phrase en tête mais sans être complètement convaincu que je pars à la réunion de rentrée de CM1, vendredi 15/09 à 18h30. Rien que l'horaire, brut, comme ça, il pique. Le papier sur le frigo me met mal à l'aise depuis une bonne semaine déjà.
Quoi qu'il arrive, je les abandonne à 20h20 maxi.  J'ai une commande à récupérer au drive avant 20h30 et j'ai du monde à la maison demain.
18h38, direction l'amphithéâtre du collège pour la présentation générale par le Directeur (oui, les CM1 sont dans les locaux du collège et oui, je suis en retard).  C'est carré, ça dépote, le matos fonctionne. Les parents, venus en nombre, écoutent religieusement. Il faut dire qu'il ne donne pas envie de bavarder dans le fond, avec sa grosse voix, le Directeur.
Il y a un gros volet sur la sécurité. Il présente tout un plan, avec des évacuations, des simulations d'intrusion, des horaires d'ouverture de fermeture de portail. La mise en œuvre des préconisations du ministère il a dit, et rappelle que l'école est un lieu à protéger.
Les parents écoutent, mais, petit à petit, je m'aperçois que la sécurité, ça les inquiète. Non pas qu'ils aient peur, ça a l'air d'aller de ce côté là. Ca les inquiète surtout parce que ça les emmerde. Ca bouscule leur habitudes, les pauvres.
Parmi eux, deux champions intergalactiques se dégagent :

n°1 : Vous avez condamné le portail bleu. Ca fait 3 minutes de marche en plus. Déjà qu'on n'a pas trop de temps le midi !

n°2 : C'est prévu quand la fin de vigipirate ? C'est quand même beaucoup de contrainte.


Ces deux là résument parfaitement les profils de parents pénibles qui transforment ce type de réunion en calvaire.
Faites votre choix :
Tapez 1 pour "maman centre du monde" qui a la chance de manger en famille et qui préfère saouler les gens débordés un vendredi soir avec son micro-problème.
Tapez 2 pour "papa à l'ouest" qui croit que le directeur est un mélange de Nostradamus et du Ministre de l'intérieur.
Je vous propose donc de voter en commentaire afin d'élire ensemble le plus pénible. On se retrouve demain pour la suite dans la classe de la maitresse, avec des nouveaux programmes, de l'eau et de la nourriture.

La suite, c'est par là.




Crédits images :
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vendredi 15 septembre 2017

La Réunion de Rentrée (2ème partie)


Suite ... La 1ère partie, c'est ici


Bonne nouvelle. La prof de français, apparemment, elle n’a pas le temps de niaiser non plus. Elle déroule les slides à la vitesse de la lumière.
Tout y passe, horaires, cantine, activités .... Sur le numérique, elle laisse la parole à la prof de math qui a l'air plus à l'aise qu'elle. C'est rien de le dire. D'ailleurs sur ce point, je suis agréablement surpris. Je ne sais pas si c'est le cas partout, mais une bonne moitié des profs nous parle de chaine YouTube, de livres numériques, de e-learning, de classes inversées. Tout n'est pas si figé.
Ensuite c'est le défilé des profs. 5-10 minutes chacun. On sent bien qu'ils aiment ça parler en public, les profs. C'est compliqué de les arrêter. Mais en gros, ça se passe pas mal. Une fin avant 20h semble même envisageable. Alleluia !! Comme dirait la prof de culture chrétienne !!
Et là, le drame. Le proviseur et son adjoint pénètrent à pas feutrés dans la pièce.
- On vient vous annoncer un changement d'emploi du temps mineur. Nous vous rassurons, cela ne concerne que la moitié de la classe.



On le voit sur leur visage. Ils savent qu'ils vont en chier. Ils ont l'expérience. Ils en font 10 par an des réunions comme ça. Le truc est minutieusement préparé, support coloré à l'appui. Hyper pro. Un aménagement pour avoir de l'anglais en demi-groupe, plutôt bien pensé. Pas une faille. Nickel. Mais, rien y fait. Elle arrive, inéluctable, implacable, la rafale de questions.
- Et ceux qui n'ont plus cours de 8h30 à 9h30 peuvent arriver à 9h30 ?
- Non, il doivent arriver à 8h30 et faire 500 sauts de corde

- Ceux qui n'ont plus cours entre 15h et 16h vont en permanence ?
- A ton avis

- Ca leur fait une heure de moins alors ?
- Et un prix Nobel de mathématiques à ma droite

(Nota : ce ne sont pas les vraies réponses. Elles n'étaient pas assez marrantes pour l'article. D'ailleurs, je ne m'en rappelle plus, des vraies)
Ca y est la machine est lancée. Plusieurs fois la même question bien sûr. C'est dommage d'écouter les réponses à celles des autres.
Jusqu'à ce moment magique :
- Une autre question ?
- (silence)

Les proviseurs prennent congés.  Clairement, ces deux là, ils ont tout mon respect. Ils ont géré l'événement de main de maître.
La prof de français reprend la parole et clos rapidement.  Elle, c'est mon amie, elle n'a pas le temps non plus.

20h20 : Retour à la maison. On remet ça vendredi pour n°2. J'ai hâte.

mercredi 13 septembre 2017

La Réunion de Rentrée (1ère partie)

Briefing du matin. Dernières consignes avant le départ.
C'est le moment magique où on sait que ça va merder dans la journée mais on ne sait pas encore ce qui va merder.




- Rappel, ce soir, vous êtes toutes seules jusqu'à 20h environ
- Pourquoi ?
- C'est la réunion de rentrée des parents de 6è
- Ca nous pourrit la vie ces réunions de rentrée !
- Pourquoi la vôtre ?
- On doit rester toutes seules et on sait pas combien de temps.


Voilà, les réunions de rentrées, tout le monde y va à reculons. Même ceux qui n'y vont pas. C'est dire.
L'an dernier, j'ai séché. Mea culpa. Mais cette année, c'est la 6è, y'a 2-3 trucs nouveaux quand même. Impossible de rater ça.
Me voici donc à 18h30 à l'amphithéâtre, pour retrouver ces parents qui doivent préparer leurs questions toute l'année afin que ça dure le plus longtemps possible. Amitiés aux enseignants de supporter ça. On avait même un petit formulaire pour les poser cette année. J'ai voulu demander si on pouvait partir avant la fin mais "c'est la honte" m'a dit la grande. Le papier est resté vide du coup.
Il y a un monde fou. Ah ok, C'est toutes les 6è en même temps. Et finalement, c’est pas l’amphithéâtre. La sixième B c’est dans la salle Messiaen. Si vous ne savez pas qui c’est, c’est ici.
Ventrebleu, ils sont déjà tous là. Restent juste deux malheureuses places, devant le tableau et la prof de français qui a déjà commencé. Les classes de parents, c’est comme les classes d’enfants, ça se remplit de l’arrière vers l’avant. Je ne reste pas tout seul longtemps. Un autre papa vient me rejoindre, aussi ravi que moi d’être au premier rang. Espérons que ça dure pas des heures.
Bonne nouvelle. La prof de français, apparemment, elle n’a pas le temps de niaiser non plus. Elle déroule les slides à la vitesse de la lumière. (.....)


La suite ici.

mardi 5 septembre 2017

6è, here we are


7h00 : « Papa, tu veux ton œuf tout de suite ou après la douche ? numéro 2, tu préfères œuf ou pommes au beurre ? Faut venir, si vous voulez manger chaud !»
J’entrouvre les yeux. Attaque nucléaire ? Tempête tropicale ? Ah non, c’est la 6è. Numéro 1 est au taquet. Elle prépare les petits déjeuners pour tout le monde.
OK, c’est parti. Douche. Rasage. Café. Œuf. Et selfie de rentrée aussi, tradition familiale. C’est  le neuvième, encore trois et on propose  un calendrier.
8h05 : Tout le monde dans la voiture.
- Est-ce qu’on peut dire que tant que je n’ai pas passé la porte du collège, je suis toujours en vacances ?  (mes filles utilisent bien la négation à l’oral, j’en suis fier)
- On va dire que c’est pas faux (moi pas trop)
8h22 : Garé, pour une rentrée à 8h25, contrôle total de la situation. On lâche la petite pour son deuxième jour au CM1 et direction la grande cour.
8h26 : Bonjour express à quelques parents dont j’ai déjà dû voir la tête à un anniversaire.  De toute façon, pas envie de parler. Elle envoie un bonjour joyeux à son meilleur « pote ».  Le gamin répond bonjour, regard fuyant, avec un sourire bizarre, et s’éloigne. Une copine ne prend même pas la peine de la saluer après son « bonjour ».
- C’était comme ça tout le mois de juin. C’est pour ça que je pleurais le soir. C’est bizarre, hein ? (sourire)
- Bizarre, en effet
Ça va, elle le prend pas trop mal. Pincement au cœur du Papa quand même.
- Ils ne sont pas avec toi de toute façon
-Non, ils ne font pas bilingue (je voulais le placer car ça fait classe de faire bilingue).
8h30 : L’appel commence. On voir partir ses faux potes en 6è1 avec plaisir. La suite est rapide, on l’appelle, elle se barre.  Je suis tout seul. Bonne occasion pour discuter avec d’autres parents.
Dommage, je n’ai pas envie.